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Qui est ce Dieu qui nous veut debout?

On ne cesse d’entendre et de lire partout à travers la Bible combien Dieu est grand. Et pourtant, son désir profond est de nous unir à Lui, de nous relever sans cesse, de nous supporter dans nos fragilités, d’être avec nous au cœur de nos misères. Qui donc est ce Dieu qui désire relever et guérir l’autre ? Qui est ce Dieu qui veut nous partager son être, et faire de nous ses enfants ? Ce ne peut être que l’Amour…

Se laisser relever par Dieu

Accepter d’avoir besoin, se laisser regarder en vérité tel que nous sommes par le regard d’amour infini du Père sur nous, tel est le chemin de la transfiguration et de la guérison profonde de notre être. Laissons-nous redire notre dignité d’enfant de Dieu !

Se tenir debout dans sa foi et sa vie

Défi ultime, non sans souffrance parfois, mais accompagné d’un bonheur profond. Une chose est sûre, c’est que nous avons un Rocher sur lequel nous appuyer, et c’est Lui qui nous donne la force d’être vraiment debout !

 

Comme Jésus, relever les gens qui nous entourent

«Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres» Et l’on pourrait aussi dire : «Comme je vous ai relevés, relevez-vous les uns les autres». Sois celle ou celui qui replace l’autre dans sa dignité, qui lui révèle sa valeur et sa beauté, qui le ou la supporte dans sa souffrance. Ose être les bras, les yeux, le cœur de Dieu pour ceux que tu rencontres, c’est toi qu’Il envoie pour être sa Présence dans le monde!

Pour aller plus loin
Se laisser relever par Dieu

Abbé Steve Lemay

Lorsque nous assistons à la chute accidentelle d’une personne, il nous est conseillé de ne pas l’aider à se relever trop rapidement. Il vaut mieux préalablement s’assurer de ne pas aggraver involontairement d’éventuelles blessures… Fort heureusement, ces événements anecdotiques n’entrainent pas toujours de fâcheuses conséquences; la fierté provoque souvent une remise sur pieds expéditive et nous pouvons rapidement en rire! Cependant, nous savons aussi que des chutes aux conséquences plus graves peuvent survenir, qu’elles soient physiques ou d’une autre nature… Le sentiment d’impuissance nait alors autant chez ceux qui assistent à la chute que chez la personne tombée… Dans ces cas, il n’est pas facile de se relever ou de se laisser relever! Les chutes peuvent être abyssales et sembler ne pas avoir de fin…

 

Toutefois, dans la foi et l’espérance chrétienne, rien ne peut empêcher Dieu de nous relever! L’Évangile regorge de personnes qui ont été relevées par le Christ : la Samaritaine que tous jugeaient (Jn 4), le paralytique (Mc 2), les percepteurs d’impôts Matthieu (Mt 9) et Zachée (Lc 19), l’aveugle-né (Jn 9), Pierre et son terrible reniement (Lc 22)… Même la mort n’a pas empêché le relèvement de Lazare (Jn 11)! Le Christ ira finalement jusqu’à prendre sur lui toutes nos chutes, incluant la plus terrible d’entre toutes. En se relevant de la mort, il ouvre à l’humanité la voie de la vie en plénitude! Cette victoire, il me donne d’y participer dans la grâce de mon baptême. Déjà, comme prélude au grand relèvement qu’il me promet, Jésus-Christ me relève quotidiennement par la grâce des sacrements qui m’attirent et m’entrainent vers la pleine réalisation de mon humanité, vers la gloire de la Résurrection. Il m’aide à faire comme lui l’offrande de moi-même pour vivre avec lui et en lui dans l’intimité du Père. Et moi? Est-ce que je me laisse relever?

 

Comme il est facile d’oublier que l’amour de Dieu nous relève à chaque instant! Le Christ a pourtant assumé par avance nos chutes; cela devrait nous réjouir à chaque instant! Mon ministère presbytéral m’a souvent conduit à parler de ce relèvement, dans diverses circonstances. Je l’ai cependant expérimenté d’une manière particulière lorsque j’ai dû admettre ma propre impuissance face à des souffrances difficiles à surmonter. Quand la mort a frappé ma communauté, d’une manière aussi violente qu’inattendue, je n’ai eu que le silence pour accueillir les personnes éprouvées. À moi aussi, prêtre qui donne sa vie pour la Parole, les mots peuvent manquer! La chute était brutale et je mordais la poussière… En tombant du haut de ma confiance en moi, j’ai eu la grâce de plonger dans une plus grande confiance en Dieu. Ainsi, mon silence souffrant a pu faire écho à la puissance de son amour. Au-delà de ce que je croyais humainement possible, j’ai pu exercer mon ministère dans un contexte difficile et porter la Parole de vie avec une force insoupçonnée. Dieu m’a relevé! La mort m’avait premièrement laissé sans voix, mais le Christ parle plus fort que la mort! Malgré la faiblesse de nos moyens, la communauté chrétienne a pu contribuer au relèvement de plusieurs. Dieu continue de me relever sans se lasser! Notre cheminement humain est parsemé d’occasions de nous laisser relever… Et toi, que tu sois debout, à genoux ou atterré, te laisses-tu relever par Dieu?

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Né en 1977 à Danville, dans l’Archidiocèse de Sherbrooke, l’abbé Steve Lemay y est demeuré jusqu’au moment d’entreprendre des études en administration des coopératives au Séminaire de Sherbrooke. Après quelques années de travail dans le domaine des affaires et de l’administration, il a débuté des études en philosophie et en théologie à l’Institut de formation théologique du Grand Séminaire de Montréal, et fût ordonné prêtre en mai 2008 à Sherbrooke. Peu de temps après son ordination, l’Archevêque de Sherbrooke lui a demandé d’aller servir comme vicaire dans la région de Lac-Mégantic, charge qu’il a assumée jusqu’en février 2015. Son ministère à Lac-Mégantic aura été marqué par la tragédie ferroviaire de juillet 2013. Monseigneur Luc Cyr lui accorda une période sabbatique au Collège canadien à Rome, puis le nomma aux études en théologie morale à l’Académie Alphonsine à l’automne 2015 pour une période de deux ans.

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D’origine montréalaise, c’est dans cette même ville que Nicola naquit en 1980 puis grandit. Il partit ensuite pour Rome où il passa 10 années de sa vie comme moine dans une communauté nouvelle. De retour au Canada par la suite, il s’établit dans le diocèse de Valleyfield où il fût ordonné prêtre en novembre 2011. Il œuvre encore aujourd’hui dans ce diocèse, avec un ministère ayant à cœur les exclus, les « poqués » de la vie, et toutes les personnes se trouvant « en périphérie ». Son parcours est teinté aussi d’une forte présence auprès des jeunes, desquels il est très apprécié.

 

Se tenir debout dans sa foi et sa vie

Abbé Nicola Di Narzo

Croire en Dieu semble de plus en plus de l’ordre des contes de fées dans une société qui cherche à tout justifier par la science et à organiser ses alibis sans l’ombre divine. Croire en Jésus-Christ et, j’oserais ajouter, se professer catholique est pire que pire. Combien de critiques nous avons tous et toutes entendues… on fait facilement référence aux scandales, aux qu’en-dira-t-on, et l’Église Catholique semble bien souvent avoir perdu sa crédibilité. Mais serait-il possible que l’Église soit tout simplement un ramassis de scandales, de mauvais prêtres et de mauvaises religieuses, de laïcs hypocrites et de « pas d’allures »? N’y aurait-il pas plus à y découvrir? C’est un peu ce qui a motivé le pape émérite Benoit XVI à devenir prêtre à une époque où en Allemagne on cherchait à détruire l’Église Catholique. Il s’est alors demandé pourquoi ont s’acharnait contre une telle institution: il devait bien y avoir quelque chose derrière ça!

Ce quelque chose est en fait un quelqu’un, une personne : Jésus-Christ. Croire en l’Église ne suffit pas, croire en Dieu n’est pas assez. Il faut une rencontre, il faut une relation, il faut une intimité. C’est en cherchant l’intimité avec Dieu que nous allons découvrir au cœur de notre christianisme une donnée de base fondamentale : l’Incarnation. Dieu dans son amour immense pour l’humanité a voulu envoyer son Fils unique afin que par Lui nous ayons la vie et que nous soyons sauvés! Il aurait pu choisir bien des façons de se manifester, mais il a choisi la voie de la chair, la voie de la terre, la voie de notre humanité. Il s’est fait petit parmi les petits et pauvre parmi les pauvres afin de nous montrer la voie vers Dieu, afin de nous rendre capables de Dieu. Il a voulu établir entre nous et Dieu une relation d’amour et faire cesser cette relation de crainte qui mobilisait le peuple d’Israël. Saint Jean nous le dit : « Il n’y a pas de crainte dans l’amour; l’amour parfait bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment et celui qui craint n’est point parvenu à la perfection de l’amour. » (1 Jn 4, 18)

Oui, vivre dans la crainte de Dieu c’est s’écraser et vivre une relation superficielle et malsaine. Vivre dans l’amour, c’est se tenir debout et savoir s’appuyer sur Dieu pour surmonter les difficultés de tous les jours et les nombreux défis de notre vie. Être en relation d’amour avec Dieu c’est suivre la voie du Christ, c’est vivre une vie christique… vivre dans l’amour, c’est mettre Dieu au centre de tout et alors notre vie devient prière. Une vie devenue prière est capable de tout et même d’affronter les pires tourments. Saint Luc dans son Évangile, en rapportant les paroles du Christ qui nous parle des tourments à venir, dit : « Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » (Lc 21, 36)

Être chrétien, c’est donc être capable d’établir une relation d’amour avec Dieu, une relation qui nous rend capables de nous tenir debout devant Lui… mais c’est aussi établir une relation d’amour avec nos frères et sœurs, découvrir chez les autres l’image de Dieu, même chez les athées et les drogués, même chez les pervers et les prostitués… Dieu nous a tous et toutes créé(e)s à son image (Cf. Gn 1, 26) et comme le dit si bien saint Jean : « aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » (1 Jn 4, 1). Et alors, nous pourrions même conclure à l’envers! Oui oui, à l’envers! Aime Dieu et aime ton prochain et tu pourras ensuite te tenir debout comme chrétien dans ta foi et dans ta vie!

Comme Jésus, relever ceux et celles qui nous entourent

Reegan Soosai, cmf.

CHERS JEUNES-AMIS

J’aimerais centrer ma réflexion sur la parabole du Bon Samaritain qui est davantage connue parmi les chrétiens et qui est souvent rappelée, dans notre langage courant, par l’expression: “soyez de bons samaritains”. Cela fait allusion aux personnes qui font preuve de charité et de générosité. Pour nous chrétiens et chrétiennes, Jésus Christ est l’exemple par excellence d’un bon Samaritain qui a donné sa vie entière pour relever toute l’humanité de sa misère physique, morale et spirituelle. Comment pourrions-nous relever ceux qui nous entourent comme l’a fait notre maître et Seigneur Jésus ? Je propose trois voies ou actions pastorales.

1. ACCUEILLIR AVEC GÉNÉROSITÉ.

Je me souviens des trois JMJ (Journée Mondiale de la Jeunesse) auxquelles j’ai participé et où, pendant la semaine missionnaire, les gens nous ont accueillis avec générosité malgré les sacrifices exigés.  Je me souviens de l’accueil extraordinaire des gens de la tribu Santal en Inde, lors de mon année d’expérience en Mission. Eux, même dans leur pauvreté, ont été  capables de partager généreusement ce qu’ils avaient. Aussi je me rappelle de l’accueil que j’ai reçu de la part des paroissiens de la communauté Notre-Dame-de-Protection à Sherbrooke lorsque je suis arrivé dans cette  paroisse il y a 3 ans.  Je continue, en ayant été témoin des gestes de ma mère qui accueillait des mendiants tous les jours dans son petit-dépanneur, en les valorisant et en les respectant comme enfants de Dieu et comme êtres humains, en toute dignité. Alors, je me pose la question: si nous, les êtres humains, sommes capables d’autant d’accueil envers nos semblables,  combien plus sera notre Dieu envers nous?

Accueillir nous invite à « sortir de nous-même » toujours et avec les dispositions du bon samaritain, comme le Père miséricordieux. Sommes-nous capables d’accueillir les autres avec générosité même dans les différences de pensée, couleur, religion, culture, réalité  économique et politique ? Le bon samaritain a accueilli la personne blessée avec tout ce qu’il avait, surtout avec son cœur généreux. Voici ce que disait le Pape François dans Evangelium Gaudium 87 : « nous ressentons la nécessité de découvrir et de transmettre la «mystique» de vivre ensemble, de se mélanger, de se rencontrer, de se prendre dans les bras, de se soutenir, de participer à cette marée un peu chaotique qui peut se transformer en une véritable expérience de fraternité, en une caravane solidaire, en un saint pèlerinage ».

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Originaire du sud de l’Inde, plus précisément de Tamil Nadu, c’est à cet endroit que Reegan senti l’appel à devenir prêtre. A la fin de son secondaire, il entra chez les missionnaires clarétains, où il prononça ses premiers vœux en 2003. En mission au Canada depuis novembre 2011, il fût ordonné prêtre le 27 décembre 2012 dans sa région natale. D’abord missionnaire dans l’Archidiocèse de Sherbrooke, Reegan œuvre maintenant à Montréal comme vicaire à la Mission Latino-américaine Notre-Dame-de-Guadalupe, tout en étant responsable de la Pastorale Jeunesse et Vocationnelle des Missionnaires Clarétains du Canada.

C’est vraiment intéressant de voir comment Jésus accueillait les gens avec générosité, sans préjugé, pessimisme, et arrière-pensée, non plus comme des  objets à utiliser pour le profit économique et politique, mais toujours dans un accueil généreux. Aussi, nous pouvons remarquer dans la lettre de St. Paul à Philémon où Paul invite  Philémon à accueillir Onésime l’esclave comme un frère dans la foi et en Jésus le Christ. Dieu nous accueille dans sa grande générosité même si nous avons péché. Relevons le défi de cet accueil dans nos familles, paroisses, collèges, universités, lieux de travail, quartiers, etc. Mt. 25 nous dit « Si vous accueillez un de ces petits en mon nom, dit Jésus, c’est bien moi que vous  accueillez ». Accueillons donc avec générosité.

2. ACCOMPAGNER AVEC JOIE 

C’est bien bon d’accueillir la personne avec générosité mais après quelque temps il faut entrer dans la deuxième étape pour lui permettre de rester Debout, et c’est en l’accompagnant avec joie. Ceci est clair dans le récit du Bon Samaritain, où après avoir accueilli le blessé et donné les premiers soins, il le charge sur sa propre monture, le conduit dans une auberge et prend soin de lui.  Il faut collaborer dans le projet des autres personnes. Le pape François, lors de l’audience avec les participants au chapitre général des Missionnaires Clarétains en 2015, disait : « Vous les pasteurs et missionnaires devez accompagner le peuple de Dieu comme Jésus a accompagné les disciples d’Emmaüs : avec patience et joie, dans cette rencontre du Ressuscité.” Au moment d’accompagner les personnes, nous pouvons avoir la tentation de rester dans le pessimisme, la tristesse, la désespérance, parce que nous ne voyons pas le résultat immédiat. Ce que le Pape François disait aux évêques pourrait nous aider à réaliser un bon accompagnement. « Parfois il se mettra devant pour indiquer la route et soutenir l’Espérance du peuple, d’autres fois il sera simplement au milieu de tous dans une proximité simple et miséricordieuse, et en certaines circonstances il devra marcher derrière le peuple, pour aider ceux qui sont restés en arrière ». Serons-nous capables  d’accompagner les gens pour les mettre debout avec l’aide de Dieu? Une des expériences que j’ai eue ici à Sherbrooke, comme jeune prêtre, a été de mettre debout une Mission Latino et, ensemble, nous avons pu aider et accompagner les nouveaux immigrants. De plus, avec l’aide de plusieurs personnes du diocèse, nous avons réussi à arrêter la déportation d’une famille.  Alors, accompagner avec joie et avec les prières en disant «je suis un instrument de Dieu et un serviteur qui a fait ce que le Seigneur m’a demandé».

3. AIMER AVEC ESPÉRANCE

L’amour est le commencement et la fin du disciple–missionnaire. Jésus disait dans l’évangile de saint Jn 15, 12-13 « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». C’est un amour agissant et plein d’espérance. C’est un amour agissant qui va jusqu’au bout pour relever les hommes et les femmes afin de les mettre  Debout. C’est clair dans le récit du bon samaritain qu’il agit avec amour et espérance, il va jusqu’au bout pour mettre la personne blessée en bonne santé. Il utilise tous ses talents, son argent, et aussi son temps pour être avec lui. De cette façon il a créé une culture de vie. Jésus en nous relevant nous a donné une nouvelle vie. N’ayons pas peur d’aimer, c’est-à-dire, d’aller jusqu’au bout comme notre maître qui est allé jusqu’au bout en donnant sa vie pour le salut du monde. Il a besoin de toi et moi pour mettre les hommes et les femmes d’aujourd’hui DEBOUT et en plus, c’est Lui qui nous met debout sans cesse. Allons au cœur de notre monde et de nos communautés chrétiennes avec confiance, afin d’être et faire une différence au nom de Jésus pour construire le Royaume de Dieu en étant toujours DEBOUT!